Paris — Magnifique création sur Roosevelt Island à New York, le FDR Four Freedoms Park, de forme triangulaire, se tient majestueusement au milieu des eaux de l’East River, bordé de deux rangées d’arbres de part et d’autre et d’une salle de granit à son apex.

Le Parc a été nommé après un discours prononcé le 6 janvier 1941 par le Président Franklin Roosevelt, dans lequel il décrivait sa vision d’un monde fondé sur quatre libertés humaines essentielles.

La pièce maîtresse du Parc conçu par l’architecte Louis I. Kahn, est une triomphante tête de bronze de FDR, sculptée en 1933, par le célèbre artiste Jo Davidson. 

À l’entrée du Parc sont gravés les noms de l’architecte du parc, de son fondateur et des mécènes, mais le nom de Jo Davidson demeure introuvable. Les nombreux appels à la Direction du Parc pour que le nom de Jo Davidson apparaisse, ont été repoussés. Actuellement, l’artiste n’est pas reconnu comme l’auteur de sa propre création.

» Il est choquant que la Direction du Parc  – sur une question qui touche à la fois l’art et l’argent – ait pris une décision qui ne prend en compte que les puissants et les élites» dit Bradbury Kuett, porte parole du Comité pour la dignité de Jo Davidson, formé par des admirateurs de Jo Davidson à Carmel, New York, et Paris.

Jo Davidson devrait être célébré au-delà de sa notoriété en tant qu’artiste. Face à l’antisémitisme, il était une figure emblématique pour dire la vérité et protéger nos libertés face à la haine et à l’ignorance.

Président du comité des électeurs indépendants des arts et des sciences de Roosevelt et vice-président du comité d’urgence pour sauver le peuple juif d’Europe (la Bergson Group), Jo a aidé à choisir l’emplacement du Varsovie Ghetto Memorial Plaza à New York. En 1951, il s’est rendu en Israël pour sculpter les «visages extraordinaires» des dirigeants d’un pays naissant.

Afin de punir Jo, le gouvernement a poursuivi ses deux fils. Jacques, une voix de la liberté (Voice of America) pour les Français sous occupation allemande, a été mis sur liste noire avant d’être congédié de la radio CBS. Des agents américains ont calomnié Jean dans le but de le faire renvoyer de l’Agence France Presse à Washington, D.C. 

Notez: Daniel Bénédite, le beau frère de Jacques, a aidé Varian Fry à Marseille à sauver quelque 1500 personnes des mains des nazis. Consultez le site de l’Association Varian Fry France http://www.varianfry-france.fr/

Nous demandons au conseil d’administration du parc de corriger cette situation injuste en faisant graver une plaque au nom de Jo Davidson à l’entrée du parc, semblable à celle honorant Louis I. Kahn.

» L’acte intentionnel de la Direction de dissimuler le nom de Jo Davidson prive un grand artiste d’une reconnaissance pourtant bien méritée dans l’histoire de l’art américain. Cet agissement scandaleux s’ajoute à l’amas d’insinuations et de dissimulations dont Jo est victime» dit Bradbury Kuett. »Nous demandons à tous les mécènes du parc de se mobiliser afin de défendre les valeurs d’une reconnaissance juste et équitable afin que Jo Davidson et son héritage ne tombent pas dans l’oubli.» 

Comité pour la dignité de Jo Davidson: Carmel . New York . Paris

Email: ladignitedejodavidson@gmail.com

Info supplémentaire

Parmi les œuvres de Jo Davidson, voici la plupart des français:

Charles De Gaulle

Edouard Herriot

André Gide

Vincent Auriol

Maréchal Foch

Georges Clemenceau

Maréchal Lyautey

Thierry de Martel

Anatole France

Colonel Rol Tanguy

Maréchal Joseph Joffre

Francis Carco

André Derain

François Monod

General Edouard Réquin

Les Davidsons et les Calders à Saché

Sous les pâturages montants de l’Indre à Saché dans la Touraine, Jo Davidson achète, en 1925, Bécheron, un grand manoir. En janvier 1952, seul et au travail, il a pris son dernier souffle.

À 1952, Zabeth et Jacques Davidson, avec leur bébé, ont quitté Manhattan pour Saché. À 1953, Jean Davidson démissionne de l’AFP pour s’installer à Saché où il achète un moulin sur l’Indre. À Washington, D.C., Jean Davidson avait rencontré Alexander Calder, le sculpteur prodigieux.

En août 1953, Calder rend visite aux Davidsons à Saché. En novembre de la même année, Jean lui a vendu une maison – François Premier – juste en face de son moulin. Le prix: trois mobiles. François Premier a été la première de plusieurs structures à Saché dans lesquelles le génie créatif de Calder a prospéré. En 1955, Jean et Sandra Calder, la fille aînée de Calder, se sont mariés à Saché.

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Redaction: Marie Caroline Gaito